Le kinésiologue échevelé

Vincent Proulx

Au Centre Multisports, le nom de Vincent Proulx sonne et résonne aux oreilles de milliers de membres qui ne jurent que par lui. En poste depuis l’ouverture du Centre en octobre 2012, le kinésiologue de formation jouit d’une popularité qui le fait rougir et sourire.

Se considérant comme un enfant sédentaire, le jeune homme de 28 ans ne sait pas trop d’où lui sont venus ce goût de l’entraînement et cette curiosité quasi maladive de comprendre la mécanique du corps humain : « Je n’avais jamais rencontré un kinésiologue, raconte-t-il au moment d’entrer à l’université en 2008. Je ne savais même pas exactement ce que ça faisait! Mais je me suis lancé là-dedans, j’aimais l’entraînement et j’ai vraiment aimé ça. Ça a été un coup de foudre. » Ce coup de foudre perdure encore aujourd’hui puisque Vincent Proulx terminera bientôt une formation en ostéopathie, lui qui s’est aussi intéressé de près à la kinésithérapie au moment de ses études à Sherbrooke. L’objectif : comprendre le fonctionnement des muscles en mouvement afin de mieux orienter ses clients. « Quand tu entraînes les gens, parfois tu comprends, d’autres fois tu ne comprends pas pourquoi telle partie réagit de telle façon avec tel exercice ou tel type d’entraînement, explique-t-il. J’aime ça, expliquer et comprendre ce qui se passe et c’est ce qui m’amène à étudier. » Parfois, en retournant chez lui, il ouvre un livre avec une question et le lendemain, au Centre Multisports, il revient avec une réponse. Un kinésiologue échevelé, se décrit-il lui-même, mais consciencieux envers ceux qu’il entraîne.

Le vendeur d’efforts

Adepte de randonnées, de snowboard de type « backcountry » (où le défi consiste entre autres à éviter les arbres) et d’haltérophilie, Vincent Proulx aime la puissance plus que l’endurance et ne dit jamais non à un sport. L’escalade, le gym perfo et plus récemment la gymnastique sont ses terrains de jeux où il expérimente la biomécanique de son corps qu’il définit simplement comme « l’équilibre des forces qui fait que tu n’es pas malade et que tu es efficace. » Les croustilles-o-thon et le défi 48 heures dans mon sofa ne le concernent pas tant il bouge et fait bouger les autres : « Je n’ai pas besoin de me motiver, admet-il. Pour motiver les autres, je prends exemple sur moi ou sur ce que j’ai vécu. L’entraînement, c’est bon pour la pression, pour les muscles, c’est miraculeux. On vend de l’effort et je me sens à l’aise de vendre ça. Mais il y a des résultats qui viennent avec aussi. » Comme ses confrères et consœurs kinésiologues, Vincent Proulx est bien souvent la porte d’entrée pour une personne désireuse de commencer ou de retourner à l’entraînement. Les clientèles les plus diverses passent par son bureau et le fait de connaître les besoins et objectifs de chacun devient primordial : « Les gens ont parfois la perception de s’entraîner pour aller aux Jeux olympiques, reconnait-il. Mais il faut savoir ce qu’on veut : être plus souple, mettre ses souliers plus facilement, monter les marches sans être essoufflé, il faut commencer quelque part, par une évaluation de la condition physique. » En plus d’un programme adapté, l’enseignement du kinésiologue évolue avec la progression de l’athlète, diminuant ainsi le risque de blessures. La prochaine fois que vous irez au Centre Multisports, vous pourrez être tenté de parler à Vincent Proulx. Mais sachez que tous les kinésiologues sont compétents, même s’ils ne sont pas tous échevelés! Quoi qu’il en soit, Vincent Proulx devra apprendre à dire non en raison de son horaire chargé, certes, mais surtout de la venue de ce petit bébé qui pointera bientôt le bout de son petit cuir chevelu.

Patrick Richard