Un nouveau départ pour Julien Cousineau

Remis de sa blessure

Le vétéran de 16 saisons sur le circuit de la Coupe du monde de slalom est de retour sur les pistes. Victime d’une déchirure du ligament croisé antérieur du genou gauche qui a mis fin prématurément à sa dernière saison, Julien Cousineau a fait un retour à la compétition le 16 novembre dernier à Levi, en Finlande, où il a obtenu une surprenante 16e place, se retrouvant ainsi au premier rang des représentants canadiens.

Il s’agissait d’une première présence sur le circuit, depuis janvier 2014 à Schlad ming, pour le résident de Vaudreuil-Dorion. « Après ma blessure,j’ai songé un moment à la retraite. J’en avais parlé avec mon entraîneur mais il n’était pas du tout d’accord! Il m’a dit que j’avais encore ma place dans les 15 premiers au monde ». Une fois remis de son opération, Cousineau a mis les bouchées doubles avec l’objectif en tête de reprendre sa place dans l’élite mondiale. Quatre à cinq fois par semaine, il s’est rendu au Centre Multisports lever de la fonte en appliquant son propre plan d’entraînement : « Avec toutes les connaissances que j’ai acquise au fil des ans, je me suis dit que je pouvais me débrouiller sans aide. Au début de l’année, j’allais à la salle de conditionnement physique mais maintenant avec le Gym Perfo, c’est encore mieux. C’est une salle exceptionnelle, complètement à part. Le Centre, c’est déjà beaucoup, la qualité des installations est supérieure mais
le Gym Perfo, c’est tout ce que j’aurais rêvé d’avoir plus jeune pour me préparer. Je ne connais pas de salle comme ça ailleurs ».

En ce moment même, le père de Benjamin (2 ans) et Thomas (3 mois) est en Europe pour participer aux prochaines tranches de la
Coupe du monde à Val d’Isère le 14 décembre et à Madonna di Campiglio le 22 décembre. Il sera de retour pour les Fêtes afin de retrouver son épouse Catherine et leurs deux enfants, avant de repartir de nouveau pour la suite de sa campagne.

Julien Cousineau suit les traces de son père, Alain, qui a lui-même fait partie de l’élite mondiale du ski dans les années ’70. Après la carrière du père, la famille a été propriétaire de la station de ski du Lac Carling près de Lachute. Julien y a fait ses premières descentes avant de poursuivre dans les Laurentides où il s’est lié d’amitié avec un certain Erik Guay qui, lui aussi, s’est joint à l’élite mondiale du ski. Questionné à savoir s’il était possible qu’une jeune fille ou un jeune garçon de la région accède au plus haut niveau, Julien Cousineau est catégorique : «Avec une bonne structure de club, un jeune skiant ici même au Mont Rigaud peut y arriver. Au Lac Carling, la montagne n’était pas plus haute. En aménageant une section pour le slalom à Rigaud, un champion pourrait sortir d’ici dans quelques années ».

Membre de l’équipe canadienne de ski alpin

Portrait de Julien Cousineau

Concourir sur la scène mondiale est coûteux : « L’an dernier, même si j’avais ma place sur l’équipe canadienne, il m’en a coûté 30 000 $ pour la saison. Cette année, ça coûtera un peu plus cher parce que je n’ai pas encore intégré l’équipe mais j’avoue que je ne suis pas malheureux. Je fais mon propre programme, je prends mes décisions sans rien me faire imposer ». Heureusement, Julien peut compter sur des commanditaires généreux : « Bariatrix Nutrition, Cogela Carbon, Solace, Fisher, VVEX et Leki me supporte depuis plusieurs années. C’est grâce à eux si je peux continuer. » Spécialiste du slalom, Julien Cousineau a enregistré le meilleur résultat olympique de l’histoire du Canada en slalom masculin après avoir terminé 8e aux Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. Compte-il participer aux prochains Jeux Olympiques à Pyeongchang en Corée du Sud? Julien Cousineau se fait prudent : « J’ai 33 ans, une jeune famille, je p r e n d s donc les années une à la fois. Il faut que le corps et la tête suivent. Actuellement, je ne me suis jamais senti aussi bien sur mes skis, le niveau est là. Je veux retrouver ma place dans les 15 meilleurs au monde. On verra au fi l des résultats ». Détermination, confiance, discipline, soutien… Il faut réunir beaucoup d’éléments pour former un champion. Mais il faut de la ténacité pour le rester. Heureusement pour lui, Julien Cousineau n’en manque pas.