Trois clubs, une vocation

Vaudreuil-Soulanges regroupe trois clubs reconnus par la Fédération de soccer du Québec : les clubs de Saint-Lazare Hudson, de Soulanges et du FC Trois-Lacs. Ce dernier est né de la fusion en 2012 des clubs de Vaudreuil-Dorion, de Pincourt, de L’Île-Perrot et de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot. Le club de Soulanges évolue au sein de l’Association régionale de soccer de ligue du Sud-Ouest tandis que les deux autres se disputent la victoire au sein de celle du Lac Saint-Louis. Mais avant de jouer U9, soit dans un club de la catégorie des 9 ans, les jeunes et les parents entendront peu parler de ces ligues puisque les petits s’affrontent entre eux, de façon récréative, sans trop s’éloigner de la maison, comme c’est actuellement le cas dans le club de soccer de Rigaud. Toutefois, si les jeunes persistent, ils affronteront les meilleurs de leur âge, de façon compétitive, au sein des ligues regroupant 14 clubs dans l’Association régionale de soccer du Lac Saint-Louis et 9 clubs dans celle du Sud-Ouest. Chacun de ces clubs fournit différentes équipes au sein de leur association selon, notamment, le nombre d’inscriptions et le niveau de jeu. Ainsi, des équipes A, double A et triple A foulent les terrains de Westmount à Kanasatake sitôt l’hiver disparu ou mieux, jouent sur d’accueillantes surfaces synthétiques dont celles du Chêne-Bleu à Pincourt et de la Cité-des-Jeunes à Vaudreuil-Dorion. Mais le soccer n’existe que grâce à l’engagement des jeunes qui le pratiquent et bien souvent, des parents qui s’incarnent entraîneurs, transporteurs ou administrateurs. Car on dribble même l’hiver, notamment au Centre Multisports ou ailleurs, dans des installations louées à fort prix, et on roule parfois longtemps pour applaudir les exploits de nos protégés.

Bénévole et engagé

L’une des clés du bon fonctionnement des clubs de notre région et de tout organisme sans but lucratif réside ainsi dans l’engagement de ses bénévoles : « Certains sont bénévoles et n’ont même pas d’enfants qui jouent! », relate Kimberlee Paul, présidente du club Saint-Lazare Hudson. « Ils sont là parce qu’ils aiment ça. » Robert Lapointe, lui, préside le club Soulanges depuis toujours, soit depuis un quart de siècle. Il est encore là parce qu’il sent qu’il apporte sa contribution. En fait, l’homme ne semble jamais s’être posé la question du pourquoi de son engagement. Il était là pour ses enfants, il l’est encore pour ses petits-enfants : « J’aime autant voir les jeunes courir que de les voir devant les écrans », affirme-t-il. « Si je peux aider d’une façon, je le fais. Si l’enfant s’amuse, notre paye est gagnée. » Rares sont les personnes rétribuées dans le monde du soccer québécois. Certains clubs ne comptent que sur des bénévoles, comme c’est le cas à Soulanges, d’autres optent pour confier la gestion à une personne, ce qu’a fait le club Saint-Lazare Hudson, ou la direction technique à un fin connaisseur du sport, comme l’a fait le FC Trois-Lacs. Le club a embauché, l’an passé, l’ancien tacticien du club de Pierrefonds, Paul Callou : « L’enfant veut jouer », affirme clairement l’homme, originaire de l’Île Maurice. « Il faut laisser les enfants bouger. Mais nous avons des ennemis, comme le Nintendo. »

Le chemin vers la compétition

Au fil des ans, les clubs ont su construire une structure susceptible d’accueillir un plus grand nombre de joueurs, autant du côté des filles que des garçons, et surtout de mieux encadrer les joueurs et les entraîneurs. Cours et outils ont été mis à la disposition de ces derniers pour offrir plus qu’une présence sur le terrain : « Avant, c’était difficile de jouer à un niveau compétitif », mentionne Robert Lapointe. « Aujourd’hui, avec le soccer récréatif, les jeunes commencent à jouer à quatre ans. Quand ils arrivent au niveau compétitif, ils ont une bonne base. Les jeunes sont plus encadrés. On les laisse jouer, mais on leur inculque aussi des notions de techniques et une façon de jouer que les entraîneurs apprennent en formation. »

« La plus belle chose que m’a apporté le soccer, c’est un sens d’éducation avec la communauté, avec ma ville. »

Fidèle aux propos de son président, le club Soulanges a, lui aussi, engagé un directeur technique pour encadrer les jeunes, à l’image du FC Trois-Lacs. Le soccer demeure un sport qui vise d’abord à faire bouger les enfants, mais les plus passionnés d’entre eux trouveront assurément une voie s’ils désirent pousser plus loin leur aptitude et leur amour pour ce sport. N’en demeure pas moins que le sport le plus pratiqué au monde et dont la progression féminine a fait un pas de géant ces dernières années (la Coupe du monde féminine de la FIFA a lieu au Canada, du 6 juin au 5 juillet, et plusieurs matchs sont présentés à Montréal) trouve ses origines dans la rue, là où il est né, comme le rappelle Paul Callou : « Quand vous venez, on vous met dans le contexte du soccer de rue », illustre le directeur technique. « On joue entre amis. On passe sa vie à se faire dire quoi faire, l’enfant se fait toujours dire quoi faire. Au soccer, du côté des filles, c’est souvent une activité sociale, elles veulent jouer avec leurs amies. Il faut laisser les enfants jouer, sans attente. Il faut changer la philosophie, lentement. »

Sport communautaire s’il en est un, le foot devrait connaître encore de beaux jours en liant les gens dans un environnement où le ballon rond joue finalement un rôle secondaire : « La plus belle chose que m’a apporté le soccer, c’est un sens d’éducation avec la communauté, avec ma ville », raconte Kimberlee Paul. « C’est important de trouver sa place, où on habite, d’avoir un environnement positif autour de soi, de s’engager dans sa communauté. Et quant à mes filles, ça leur a apporté des amis pour le reste de leur vie! » Juste un sport, le soccer? Tout dépend à qui l’on s’adresse.