Le goût de l’eau

Yves Bilodeau

Il a porté les couleurs de l’équipe nationale en water-polo, il a l’âme entrepreneuriale et a aussi trois enfants qui ont connu le goût de l’eau.

Au tournant des années 2010, sa fille devient membre du club de natation des Citadins dont les nageurs concouraient sous les couleurs du club de Dollard-des-Ormeaux. Un club fragile, sans entraîneur-chef et où les performances n’étaient plus valorisées. Il n’en fallait pas plus pour stimuler Yves Bilodeau qui avait été approché pour reprendre les rênes du club. En quelques années et en de multiples heures non comptées, il insuffle un vent de renouveau sur le club en commençant par s’entourer de gens experts du milieu afin de lui redonner ses couleurs et sa fierté au seuil de laquelle germe bien souvent le sentiment d’appartenance : « La natation est très semblable au water-polo, estime Yves Bilodeau. Tu as l’équipe, tu as tes couleurs, tu valorises la discipline, l’effort, les performances, pas à outrance, mais il faut savoir les reconnaître. »

LA FIERTÉ DU PROMOTEUR

C’est ainsi que les 120 à 170 nageurs du club, en fonction des années et de la présence ou non des Jeux olympiques d’été (une année olympique amène un nombre grandissant d’enfants qui espèrent imiter les exploits de l’élite des nageurs vus à la télé), nagent chaque semaine dans les couloirs de la piscine de la Cité-des-Jeunes en portant fièrement les couleurs rouge et bleu caractéristiques du club civil. « Une de mes récompenses est de voir la fierté des jeunes, assure le président du conseil d’administration du club. C’est une richesse dans la région, un club de 150 personnes. » Il faut également assister à l’une ou l’autre des compétitions auxquelles participent les membres du club, à Montréal, à Longueuil ou ailleurs, pour sentir cette fierté et l’énergie émanant autant des jeunes nageurs que des parents accompagnateurs. Ces derniers peuvent d’ailleurs financer une partie de la saison de leur enfant en contribuant au club : « Je suis un homme passionné et je suis un promoteur, informe-t-il. J’aime développer des innovations et les promouvoir à l’intérieur d’organisations. J’ai eu des entreprises avant. Ce que j’aimais chez les Citadins est que c’était une entreprise comme une autre. » Cette entreprise, il l’a construite à l’aide d’un conseil d’administration étoffé, dont le nageur Philippe Pominville (comptant à son actif de nombreux records provinciaux et nationaux chez les maîtres-nageurs) et David Marzell, entraîneur-chef du club. Au-delà des réussites et des problèmes inhérents à tout club sportif sur les plans de l’engagement des parents, de la pérennité du club et des inscriptions, Yves Bilodeau pointe un écueil sortant des tourbillons d’eau laissés sur le sillon des nageurs : « On a un problème d’horaire de bassins, estime l’homme, ce qui fait que les entraîneurs sont difficiles à recruter et que les enfants arrivent trop souvent en retard à leur entraînement. » Qui sait si, en cette année olympique, l’arrivée de nageurs supplémentaires apportera au club la possibilité de nager dans les six couloirs de la piscine, toute la semaine durant, de 17 h à 19 h. Un voeu partagé par nombre de vieux parents et de jeunes nageurs…