LE CHAMPION DISCRET

MICHEL BRAZEAU, ENTRAÎNEUR AU CLUB ZVP OPTO-RÉSEAU

Michel Brazeau entame sa troisième année comme entraîneur au club de vélo ZVP Opto-Réseau au Centre Multisports. Originaire de Rigaud, l’homme a longtemps déserté la région avant de venir poser ses pénates à Coteau-du-Lac pour élever son jeune garçon qui a aujourd’hui cinq ans. Entre temps, on l’a approché pour venir transmettre aux jeunes sa passion et son expérience en vélo. Ce n’était pas une mauvaise idée étant donné que Michel Brazeau rêvait d’enseigner et qu’il portait en lui les titres de champion canadien du contrela-montre et champion québécois quatre fois plutôt qu’une dans la même discipline. Mais au-delà des titres, Michel Brazeau est avant tout un amoureux de vélo, un motivateur apprécié et un être qui préfère la discrétion quand il s’agit de parler de performance. Petite incursion dans la vie du coach Brazeau.

Attacher ses pantalons

Issu du monde du triathlon, Michel Brazeau a embrassé le vélo comme mode d’entraînement intensif au tournant des années 2000. Il entamait sa trentaine avec le désir d’attacher convenablement ses pantalons : « Au début du mois de janvier, les boutons de mes pantalons déchiraient parce que j’avais arrêté depuis une dizaine d’années », raconte l’entraîneur. Habitué des voyages en vélo avec son amoureuse, il s’est inscrit d’abord à un club de vélo avant de s’initier aux courses. Le succès est venu au point de remporter, en 2006, le championnat
canadien du contre-la-montre dans la catégorie vétéran. Aujourd’hui, il course encore, mais cherche d’abord l’équilibre dans sa vie : « Le vélo a déjà pris trop de place dans ma vie, avoue-t-il. Quand les gens deviennent trop intenses dans un sport, ils se lèvent le matin en pensant comment ils vont s’entraîner, comment ils vont manger, c’est quand la prochaine compétition. Je suis déjà passé par cette phase-là. Aujourd’hui, si tu m’enlèves le vélo, je vais tout simplement le remplacer par quelque chose d’autre. » Sa façon d’enseigner appelle aussi les
jeunes à trouver leur voie, leur passion.

Trouver sa passion

À raison d’une fois semaine l’hiver et de deux l’été, Michel Brazeau enseigne aux jeunes de 9 à 16 ans. Et il aime ça : « Je suis plus un motivateur, affirme-til. Je n’ai pas le profil d’un coach à la dure. Je veux aller chercher le meilleur de chacun. Voir ce qu’ils aiment, ce qu’il faut travailler et trouver une façon pour que le sport devienne le fun, amusant. Avec patience et motivation. » Estimant que les jeunes progressent vite au point où certains, dès l’âge de 13 ou 14 ans, dépassent les adultes en termes de puissance, Michel Brazeau mise sur
l’engagement du jeune envers son sport. Un engagement prenant racine dans la passion : « Je cherche à ce que l’élève trouve lui-même sa passion et son chemin, admet-il. Et s’il ne la trouve pas, il est peut-être mieux d’aller la trouver ailleurs. C’est mon rôle de rendre ça intéressant pour eux et de les accrocher. C’est comme ça que j’ai été élevé et c’est comme ça que je veux le transmettre. Une fois qu’ils ont trouvé leur passion, il progresse tellement plus vite. » Au bout du compte, Michel Brazeau prône la pratique du sport, quel qu’il soit, afin
d’améliorer notre mode de vie qui tend davantage à remplir les salles d’attente des cliniques de santé que les salles de gym des centres sportifs : « Une fois que tu es dans ce mode de vie là, c’est tellement pas compliqué, ajoute-t-il avant de parler des travers de notre société où les parents courent partout et nulle part à la fois. Vivre plus simplement, en santé, tel semble le leitmotiv de Michel Brazeau, ce champion discret qui sait se faire entendre de ceux à qui il enseigne.

Patrick Richard