Aucun obstacle pour la famille Miljour

Spartan Race en famille

Habituellement, quand une femme veut se remettre en forme après un troisième accouchement, elle nage, elle jogge, elle bouge un peu. Pour Geneviève Mathers, mère de Laurence (3 ans), de Maxandre (4 ans) et de Rose (6 ans), la remise en forme est passée par des courses sur des kilomètres durant, jalonnés d’obstacles, de boue et de flammes au fil d’arrivée. Depuis trois ans, avec son amoureux, Éric Miljour, elle parcourt les routes de la
province à la recherche de la prochaine Spartan Race, une course à obstacles qui, aux dires de monsieur, « se fait un plaisir et un honneur d’être parmi les courses les plus longues et les plus pénibles ». Leur prochain objectif : terminer la Spartan Race Beast à Gatineau en août. Une course d’une longueur d’environ 21 kilomètres constituée de 30 obstacles et d’une dizaine d’éraflures si on est chanceux.

On y retourne quand?

miljour2Rares sont ceux qui se baladent en nature, croisent la route de coureurs couverts de boue et qui se disent : « Tiens, j’ai envie d’essayer ». Ce n’est pourtant pas bien loin de la réalité vécue par le couple de Saint-Zotique. Il y a trois ans, assis confortablement dans un divan, Geneviève descend tranquillement le fil de nouvelles de sa page Facebook. Elle tombe sur l’invitation d’un ami qui s’entraîne chez Obstacles, entreprise fondée en 2012 par Guy Pilon Jr et Mélissa Boisjoli et qui offre un parcours d’entraînement dédié à la préparation de courses à obstacles. Geneviève courait un peu pour retrouver la forme préaccouchement. Éric, lui, jouait surtout au softball. Tous deux carburent maintenant à ces courses un peu folles où les chandails mauves caractéristiques de l‘entreprise Obstacles se font de plus en plus nombreux : « Au départ, je savais que Geneviève allait accrocher, raconte Éric Miljour, visiblement heureux de partager sa passion avec quelqu’un qui sue sa vie après cinq kilomètres de jogging. Moi, je n’étais pas trop sûr, mais le lendemain du premier entraînement, j’avais mal et j’ai demandé : On y retourne quand? » Ils y sont retournés souvent en trois ans, au point de collectionner les médailles, mais celle du Beast leur échappe encore…

Par ici le sentier

La popularité des courses à obstacles ne se dément pas. L’offre est là, la demande aussi. Dans le cas des Spartan, on retrouve le Sprint (offrant un parcours entre 5 et 8 km), le Super (avec des parcours de 12 km et plus) et le Beast, soit un minimum de 21 kilomètres sur un sentier plus ou moins pédestre.

« L’année passée, quand nous avons terminé notre course, raconte Éric, j’étais dans un état pitoyable. Ma blonde m’a dit : ‘‘Hey, on va faire le Beast l’an prochain’’. J’ai dit oui, je ne peux pas être plus magané que je le suis là. » Mais qu’est-ce qui pousse des gens sains à se défoncer ainsi dans un environnement plus austère qu’accueillant? Geneviève répond, dans un mélange de fierté et de passion : « C’est la fierté d’avoir réussi, d’avoir passé à travers des épreuves difficiles. C’est difficile au niveau physique et mental, mais quand tu arrives à la fin, c’est la fierté de l’accomplissement. » Cet honneur est sans doute rehaussé par la présence des trois enfants du couple qui non seulement applaudissent les exploits de papa et maman, mais prennent part à l’aventure. Confrontés à la réalité de leurs participants, les organisateurs des courses offrent souvent un volet familial et un parcours d’un kilomètre pour les petits. Cette année, Max et Rose ont déjà piétiné les sentiers de trois tracés. Ils en sont fiers et en redemandent : « Les enfants nous voient aller, mentionne Éric. L’autre jour, notre gars nous a dit : ‘‘Quand je vais être grand, je vais sauter par-dessus le feu comme papa et maman.’’ »

La préparation avant la condamnation

Les néophytes auront compris qu’on ne se prépare pas à ce genre d’aventure en faisant du feng-shui. Chez Obstacles, là où s’entraînent nos deux amis, on court, on saute, on sue dans le but de se mettre en forme et de prendre part, si tel est le souhait du participant, à une épreuve de type Spartan ou autre. Geneviève et Éric fréquentent le groupe à raison d’une à deux fois semaine, trois quand ils se gâtent :

« 1 h 15 de pur plaisir et de douleur », illustre Éric. Depuis 2012, la jeune entreprise peaufine ses enseignements afin d’aider tous ceux qui se présentent à elle, le débutant comme l’athlète. « Les débutants ont souvent peur de retarder le groupe, explique Éric, mais ils ne peuvent pas, car ce sont des exercices en boucle ». Au-delà de l’exercice physique, Obstacles incarne, de l’avis des principaux intéressés, un mode de vie, une famille et un groupe d’amis qui s’envoie plus d’un défi sur le réseau Facebook en cours d’année. La présence de Guy Pilon Jr et de Mélissa Boisjoli n’est pas étrangère à ce sentiment d’appartenance observable : « Ce que tu vois de Guy et Mélissa, c’est ce que tu vois aussi en dehors d’Obstacles, mentionne Éric. Ils sont très généreux de leur temps et de leur conseil. Ce sont des passionnés. » L’association entre le Centre Multi­sports et Obstacles permettra à l’entreprise de bénéficier des infra­structures et de l’accès aux entraîneurs pour appuyer Guy et Mélissa. Pour la famille Miljour, les médailles accrochées sur le babillard du salon et les photos accumulées dans de multiples albums agrémentés des dessins d’enfants témoi­gnent assurément des efforts et de la passion du couple pour leur sport de prédilection. Mais c’est peut-être dans le regard de leurs petits coureurs que se cache la raison d’être de tout cet acharnement : « Je ne pousserai jamais mes enfants à devenir des athlètes s’ils ne veulent pas, précise papa Éric. On est là pour s’amuser. Mais quand on a demandé à Rose ce qu’elle voulait comme cadeau de bulletin, elle a répondu une course à obstacles. »

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