Aidez votre enfant à devenir un adulte « habile »

À l’ère où les parcs sont plus paisibles que les sous-sols de banlieue, inondés de gadgets électroniques à écrans, il me paraît important de remettre les pendules à l’heure concernant la nécessité de faire bouger les tout-petits pour leur permettre un développement optimal jusqu’à l’âge adulte.

Qui n’a jamais croisé un adulte, sans problématiques, s’autoqualifiant de mal habile? Et si ces individus peu kinesthésiques avaient manqué quelque chose lors de phases cruciales de leur développement moteur? Auraient-ils pu devenir des athlètes ou du moins un peu moins mal habile? La réponse simple est oui, fort possiblement.

Évolution du mouvement

Le développement moteur chez l’enfant suit plusieurs phases prédéterminées, toutes essentielles aux phases subséquentes. Plus l’environnement du nouveau-né est riche en stimulations diverses durant les premières années de sa vie, plus son développement moteur sera optimal!

En vieillissant, le système nerveux de l’enfant, ainsi que tous ses capteurs (yeux, oreilles et propriocepteurs) précisent l’information envoyée au cerveau. Celui-ci est aussi progressivement mieux équipé pour traiter, intégrer et organiser ces informations pour produire le mouvement. Avec le temps et avec l’expérience, les enfants deviennent ainsi plus stables dans leur posture et tendent à préciser leurs mouvements. Ils sont graduellement en mesure d’accomplir des tâches de plus en plus complexes et fines telles que manger avec des ustensiles (et réussir!), lancer et attraper un ballon, marcher de façon stable, peu importe la surface, et même dessiner de l’art de moins en moins abstrait.

Le même processus se poursuivra, toujours nourri par les stimulations et la répétition, en s’affinant jusqu’à ce que le développement de tous les systèmes viennent à maturité et que les qualités athlétiques apparaissent, formant un individu habile, en pleine possession de ses moyens moteurs.

Suivez le guide

De 0 à 6 ans, les enfants ont besoin d’être initiés au jeu libre, stimulant aussi bien l’imaginaire que tous les mouvements corporels. À cet âge, ils ont besoin de développer l’agilité, l’équilibre, la coordination et surtout le plaisir de bouger. Il est important, principalement dans les 3 premières années, de leur faire prendre conscience de leur corps et des mouvements que celui-ci leur permet de réaliser, ainsi que ses limites. Un parent trop protecteur ou pratiquant activement la sédentarité gênera assurément ce processus.

De 6 à 12 ans, les enfants devraient pratiquer des sports et des activités physiques de façon ludique et très diversifiée pour développer leur motricité au maximum tout en stimulant leur confiance en eux, leur intérêt et leur motivation. Il s’agit d’un excellent âge pour leur faire essayer tous les sports de façon amusante et variée.

Vers 12 ans jusqu’à l’âge adulte, certains aspects plus compétitifs et de spécialisation pourront entrer dans le développement des jeunes. Il s’agit d’un excellent âge pour les initier à l’entraînement en salle. Contrairement à la croyance populaire, les enfants profitent d’un entraînement adapté à cet âge, tant au niveau de leur confiance en eux qu’au niveau de leur développement. Leur croissance n’en sera absolument pas affectée, n’ayez crainte.

ballonsEffets à long terme

L’impact de l’enfance au niveau des stimulations motrices est, comme vous l’aurez compris en lisant ce bref survol, crucial au développement d’un adulte en santé et capable de pratiquer toutes les activités physiques sans contraintes motrices. Comme parent, pourquoi ne pas donner à nos petits la chance de se développer de façon optimale et d’avoir le choix à terme de pratiquer des activités avec aisance, plaisir et agilité? Ces mêmes activités préviendront une multitude de problématiques de santé et, par surcroît, aideront un meilleur développement scolaire, affectif et social!

« Allez jouer dehors » ne devrait pas être une phrase punitive, mais bien un hymne au rassemblement familial, à la socialisation, au développement moteur ainsi qu’un pas de plus vers l’apprentissage des saines habitudes de vie.

David Forget B.Sc
Papa et kinésiologue