Confession d’un triathlonien

L’importance d’incorporer le cross-training à votre horaire afin de vous dépasser.

D’aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours préféré les entraînements de type cardiovasculaire. Que ce soit courir, nager ou rouler, l’important, c’était que mon cœur fonctionne à plein régime. Ces entraînements me procurent un plaisir énorme et m’aident à me forger une bonne confiance en moi. Même si j’ai étudié sur le sujet et j’ai des connaissances en matière de musculation, j’ai toujours mis en priorité l’entraînement cardiovasculaire au détriment de la musculation et de l’entraînement fonctionnel. Plusieurs personnes me diront sûrement qu’elles m’ont vu au centre de conditionnement physique ou dans le Gym Perfo du Centre en train d’essayer de me convaincre que cet entraînement allait être aussi gratifiant que de courir 21 km, mais en fin de compte, je n’y arrivais tout simplement pas. Ce discours, je l’ai eu dans ma tête jusqu’à l’automne 2014 au cours duquel j’ai dû augmenter mon intensité et mon volume d’entraînement dans le but de compléter mon deuxième Ironman (août 2015). Dans mon esprit, il était hors de question que j’obtienne un résultat moindre que lors de ma première expérience (12 h 20). Toutefois, le défi était de taille : problème de bandelette et j’en passe. Cela ne me permettait pas de m’entraîner à mon plein potentiel et je redoutais même le pire… l’abandon. Puis, petit à petit, j’ai commencé à suivre les classes d’entraînement fonctionnel de façon assidue dans le Gym Perfo et des séances de musculation au centre de conditionnement physique du Centre. J’ai même poussé l’audace jusqu’au cours de yoga afin d’aider mon esprit à renouer avec mon corps.

Je ne vous cacherai pas qu’une partie de mon cerveau me demandait pourquoi je faisais une classe de yoga au lieu d’aller courir. J’étais même persuadé que ma vitesse allait diminuer. Toutefois, après quelques semaines d’entraînement fonctionnel et de squat, mes problèmes de bandelette ont diminué jusqu’à devenir quasi inexistants, ma flexibilité s’est grandement améliorée, ma posture a évolué et mon niveau d’énergie total s’est amélioré.

Pour la première fois de ma vie, j’avais accepté le fait de ne pas m’entraîner spécifiquement et uniquement en fonction de mon sport qu’est le triathlon : de sortir de ma zone de confort. Le jour de l’épreuve, j’étais fébrile, je me demandais vraiment si je m’étais assez entraîné de façon spécifique et mon mental a commencé à me jouer des tours en semant le doute dans mon esprit.

Je me place dans l’eau : c’est un départ! Je me réjouis de constater que chacun de mes coups de bras dans l’eau est plus fluide qu’avant et je termine la partie natation (3,8 km) avec un temps appréciable, mais surtout, une fatigue quasi inexistante et un moral d’acier. Suit le parcours de 180 km à vélo et encore là, j’avais de l’énergie à revendre lors des montées et ma vitesse moyenne s’est vue améliorée sur les parties neutres du parcours. Finalement arrive la partie que je redoute le plus : le marathon (42,2 km). C’est lors de cette épreuve que les blessures surviennent le plus et du même coup, que le moral nous joue de mauvais tours. Mis à part un déficit en sel au 32e kilomètre, je n’ai jamais ressenti de douleurs où que ce soit et mon moral était à toute épreuve au moment de passer la ligne d’arrivée. Tout compte fait, j’ai amélioré mon temps de 40 minutes passant de 12 h 20 à 11 h 40 pour mon deuxième Ironman, et ce, sans blessures. De plus, j’ai gagné un cadeau inestimable : la main de ma fiancée Joanie.

Je peux vous confirmer que l’entraînement croisé (cross-­training) m’a permis de développer mon plein potentiel en tant que triathlonien. Referais-­je la même chose pour mon prochain Ironman? Tout à fait! Nous avons la chance d’avoir l’un des plus beaux centres dans la province : utilisons-le à son plein potentiel.

Bon entraînement!

Jimmy Sévigny
B.Sc. de l’activité physique