Je bouge avec mon doc

L’événement Je bouge avec mon doc se déroule ces jours-ci dans deux municipalités de notre région, soit Pincourt et Saint-Polycarpe. Née en 2013 à Shawinigan d’un désir de faire bouger les gens sédentaires en compagnie de professionnels de la santé, l’initiative a connu un vif succès et de nombreuses villes participent depuis à l’événement. En Montérégie, c’est à Sainte-Julie que s’est déroulé le premier événement du genre où 700 personnes ont marché sur les sentiers balisés en 2014. Voilà donc une bonne raison de parler d’un sujet qui s’inscrit dans la ligne de pensée d’Horizon 2035, projet initié par le Centre Multisports qui vise à créer, en l’espace d’une génération, un milieu de vie favorable dans tout Vaudreuil-Soulanges pour inciter les jeunes à bouger et ainsi vieillir en santé. Je bouge avec mon doc n’est pas seulement un événement : il a permis à de nombreux groupes de personnes de se créer et de marcher régulièrement sur les sentiers balisés laissés en place par les municipalités participantes.

Marcher en famille

En juin, Vaudreuil-Soulanges accueille la deuxième édition du genre dans les villes de Pincourt et de Saint-Polycarpe. L’an dernier, à Pincourt, 23 médecins, 52 autres professionnels de la santé, 45 bénévoles et 457 marcheurs y ont participé. Parrainé par Desjardins Vaudreuil-Soulanges, l’événement déborde l’activité elle-même : « Cette initiative s’inscrit dans la politique de développement social, raconte Yvan Cardinal, maire de Pincourt et grand sportif. Pincourt est une ville où nous préconisons de saines habitudes de vie et nous cherchons des actions de ce genre pour nos citoyens ». L’événement a pour objectif de sensibiliser la population aux bienfaits associés à la pratique régulière de l’activité physique afin de diminuer le risque de développer une maladie chronique (voir les statistiques alarmantes de l’encadré : Des chiffres et des maux). Sur le terrain, Je bouge avec mon doc propose à des patients de marcher en compagnie de leur médecin de famille qui leur a prescrit cette marche.

Des médecins, des pharmaciens et des infirmières remettent des « ordonnances d’activité physique » à leurs patients sédentaires ou atteints d’une maladie chronique en les invitant à venir marcher avec eux. Mais sur le terrain des marches organisées, tous sont invités, ordonnance ou non en main : « Je rencontre souvent des patients en consultation qui auraient intérêt à bouger régulièrement, et je les encourage déjà depuis longtemps à être actifs », affirme Dre Simona Dospinescu, médecin du Groupe de médecine familiale de Pincourt et médecin responsable de la marche de Pincourt pour une deuxième année. Les villes participantes doivent être jumelées à un médecin responsable pratiquant dans le même territoire et s’engager également à rendre accessible par la suite un parcours de marche permanent pour leurs résidents. « On essaie d’avoir différentes activités pour rejoindre l’ensemble des citoyens, ajoute le maire Cardinal. Je bouge avec mon doc est une activité familiale et notre future clientèle, ne l’oublions pas, ce sont les jeunes ».

bouge-doc3L’héritage de l’événement

L’un des buts avoués de ces activités organisées annuellement, comme d’autres du même genre, est d’inculquer à la population, un pas à la fois, de saines habitudes de vie. Yvan Cardinal donne l’exemple d’un groupe de marcheurs qui s’est créé à la suite de la marche de l’an dernier dans lequel figure une dame de 90 ans. Si un tel groupe a pu se former, c’est parce qu’on a bien voulu assurer une continuité en balisant les circuits. À ce premier objectif, le maire Cardinal lance un appel à la participation, autant citoyenne que politique : « J’aimerais que les autres municipalités en fassent la promotion sans multiplier les marches pour autant, estime le maire. Mais nous pourrions peut-être en faire d’autres à d’autres moments de l’année, comme à l’automne, ou faire une 2e ou 3e marche ». Parlant de sa ville et des initiatives pour inciter les gens à bouger, le maire parle du projet de promenade riveraine sur le chemin Duhamel qui vise à revitaliser une partie du boulevard en piste cyclable et piétonnière. Autant de projets pour un seul objectif : bouger. Bouger, car les études disent toutes la même chose : l’activité physique contribue à prévenir l’hypertension, le diabète, les maladies cardiovasculaires et plusieurs cancers.

Pincourt le 5 juin

Le 5 juin, dès 9h, la ville de Pincourt invite les citoyens de partout à venir marcher dans des sentiers balisés de 1 km, 3 km ou 5 km et adaptés à toutes les conditions physiques. Le départ se donne au kiosque
Desjardins du parc Olympique au 375, boulevard Cardinal-Léger, aux abords de l’Omni-Centre.

Saint-Polycarpe le 12 juin

La municipalité de Saint-Polycarpe, quant à elle, invite la population dès 9h, le 12 juin, au Centre sportif
Soulanges (100, rue des Loisirs, Saint-Polycarpe) pour marcher là aussi sur des sentiers balisés de 1 km, 3 km ou 5 km. Tous sont naturellement invités.

Des chiffres et des maux

Un sondage mené six mois après le premier « Je bouge avec mon doc » à Sainte-Julie a démontré que :

  • l’importance accordée à l’activité physique avait augmenté chez 90 % des participants interrogés;
  • 72 % des répondants qui avaient participé à la marche se disaient plus actifs au cours des derniers mois;
  • 84 % des patients qui avaient reçu des conseils sur l’activité physique de la part de leur médecin disaient bouger plus qu’avant.
  • Il y a un an, dans ce magazine, nous avancions certaines statistiques dont il fait bon se remémorer à la lumière des initiatives comme celle de faire bouger les gens en compagnie de leur docteur. Ces statistiques sont pour le moins alarmantes et rappellent l’importance, voire l’obligation, de bouger.

En Montérégie :

  • 220 000 personnes, soit près d’une personne sur cinq, souffrent d’au moins une des maladies suivantes : l’asthme, les maladies cardiovasculaires, le diabète, les maladies pulmonaires obstructives chroniques et le cancer.
  • 60 % des décès sont dus au cancer et aux maladies cardiovasculaires
  • 63 % de la population adulte, soit près de 700 000 personnes présentent au moins un facteur de risque intermédiaire : hypertension, surplus de poids ou cholestérol élevé.

Au Québec :

  • 50 % ou 33 milliards de $ est la part du budget de l’État québécois consacrée aux soins de santé (curatifs). De ce montant, 70 % ou 22 milliards, sont consacrés à soigner des maladies en partie évitables par une bonne alimentation, la pratique d’activités physiques régulières et le non-tabagisme.
  • 6 h/jour est le nombre d’heures que les jeunes Québécois passent en moyenne quotidiennement devant un écran (téléviseur, ordinateur, téléphone intelligent, tablette électronique).